L’état d’esprit et les valeurs permettent à cette équipe de France d’avancer sereinement. Encore loin des meilleures nations, les spectateurs constatent de réels progrès. En 2004, James Doyen passe la main. Pierre Jacky, d’abord adjoint de Jacques Devisme puis de James Doyen, reprend le flambeau avec la même exigence au niveau de l’état d’esprit et des valeurs attendus. Au fil des années, cette équipe de France restera une vitrine pour cette discipline. Malgré des résultats peu convaincants, elle ne se sera jamais laissée pour compte. Ainsi, le travail de la FFF, des clubs ainsi que l’engouement autour de la discipline et l’investissement du nouveau sélectionneur permettront à l’équipe de France de futsal de franchir un nouveau cap.
Au sein de l’équipe de France, les générations se suivent, toutes conservent et s’attachent aux valeurs et à l’état d’esprit du groupe France. En 2004, Pierre Jacky reprend les rênes, il aura auparavant été l’adjoint de Jacques Devisme puis de James Doyen.
A chacune de ses sorties, la délégation France est constituée de 14 joueurs ainsi que :
- Un chef de délégation : Michel Muffat-Joly depuis l’origine de l’équipe de France
- Un sélectionneur : Pierre Jacky depuis 2004. Il est présent depuis l’origine en tant qu’entraineur adjoint, d’abord de Jacques Devisme puis de James Doyen auquel il succède.
- Un entraineur adjoint : David Meresse depuis 2004, succède à Pierre Jacky.
- Un entraineur des gardiens : Franck Tricoche depuis Septembre 2008, sans prédécesseur.
- Un médecin : Arnaud Revelli depuis Septembre 2005, succède à Pascal Lefèvre présent depuis l’origine de l’équipe de France.
- Un kinésithérapeute : Jean-Pierre Multigner depuis l’origine de l’équipe de France.
Une vitrine.
Jusqu’à cette année, le staff de l’équipe de France de futsal ne connaît pas encore la pression du résultat. Le seul objectif concret de la fédération Française est de voir progresser son équipe de futsal. «Il serait un peu incongru de demander à des amateurs de rivaliser avec des professionnels. Et dans notre discipline, la surprise est difficile» se défend Pierre Jacky.
L’absence d’objectif officiel ne traduit en aucun cas un manque d’intérêt des instances pour cette équipe. Sur le territoire Français, la FFF met un point d’honneur à mettre ce groupe sous les projecteurs lors des matchs amicaux organisés dans le pays. La stratégie de départ consistait à faire jouer cette équipe à l’étranger contre des équipes étrangères. «A part dans le Nord, où il y avait déjà un petit enthousiasme, on avait beaucoup de mal à jouer dans les autres régions françaises pendant les deux premières années, on avait un peu peur de se ridiculiser» explique Pierre Jacky. Si la toute première rencontre est organisée à Villeneuve d’Asq avec le second départ de l’équipe en 1998, il faudra attendre 2001 pour revoir la France évoluée sur son territoire lors d’un tournoi amical à Maisons-Alfort. Entres ces deux premiers matchs sur le sol Français, le groupe se déplacera en Italie (éliminatoires de la coupe d’Europe), en Slovénie et en Croatie (éliminatoires de la coupe du monde), à Singapour, au Portugal et en Hongrie (amicaux). Avant ce match de 2001, à Maisons-Alfort, le bilan Français est peu flatteur : 17 défaites, 2 victoires, 31 buts marqués pour 132 buts encaissés, soit une différence de but de -101. Pour ce deuxième rendez-vous français, les spectateurs sont rares. Mais très vite, l’équipe évolue dans des salles combles, parfois magnifiques. Les efforts de communication entrepris conjointement par la fédération et ses ligues sont payants. Au sein de la FFF, la politique de promotion du futsal implique que l’équipe nationale réalise un tour de France et visite chaque région. Ainsi après Maisons-Alfort, l’équipe se déplace à Andrézieux-Bouthéon, en Février 2002 lors d’un tournoi amical, 1,500 personnes assistent à la première victoire Française sur son territoire, 3 à 2 face à la Lituanie. Le lendemain, ils seront aussi nombreux mais la France s’inclinera 6 à 1 face à la Russie. L’année suivante, c’est à Cap Breton puis dans les arènes de Nimes que l’équipe sera présentée. L’endroit impressionne, le public encore peu connaisseur ne fera pas de cadeau à la sélection, victorieuse face à la Grèce (3 à 2) mais défait le deuxième jour face à la Belgique (8 à 4), comme le raconte Jean-Pierre Multigner : «A l’intérieur du futsal, nous connaissions le niveau des équipes rencontrées et où en était l’équipe de France, ce qui n’était pas le cas du public à l’époque. Je me souviens de ce match joué dans les arènes de Nimes contre la Belgique. Durant la rencontre, nous menions 3 à 2, ce qui était exceptionnel face à cette équipe. Mais on perd finalement 8 à 4 et le public nous a conspué au coup de sifflet final. On n’en a pas tenu rigueur parce qu’ils n’ont pas compris qu’il y avait une grosse équipe devant nous».
Mais aujourd’hui, le public a grandi avec cette équipe de France. Les stades se remplissent de connaisseurs, de pratiquants, ce qui enthousiasme le sélectionneur : «Les spectateurs sont différents aujourd’hui, à l’époque, nous rameutions les gens un peu artificiellement, amis de la ligue, du district, les clubs, etc… désormais, nous avons des passionnés, des spectateurs de futsal qui proviennent des clubs, des écoles de futsal et aujourd’hui quelques soit la ville en France, nous avons un super accueil. A Orléans, un soir de champion’s league, on fait 3,000 personnes et 6 clubs de futsal se crée peu de temps après dans la région et ça pour une rencontre amical face à un adversaire qui n’est pas le Brésil».
L’évènement le plus médiatisé que la France du futsal ait connu à ce jour est le tournoi organisé par RTL à Paris Bercy en 2007 et 2009. Il regroupe l’équipe de France 98, le PSG, une équipe du CIF et l’équipe de France de futsal pour la première édition, l’équipe de France 98, le PSG, une sélection Portugaise et l’équipe de France de futsal en 2009. Devant 13,000 personnes, l’équipe a pu se mesurer à des joueurs de football professionnels, tous reconnus. La deuxième édition montrera tous les progrès réalisés par Pierre Jacky et ses hommes. «Ca restera un souvenir extraordinaire. La différence entre les deux années est également énorme. La 1ère année, on fait match nul face au PSG, l’année suivante on les bat, avec la manière, c’était significatif, nous avions vraiment pu constater une réelle progression. Sur la deuxième année, nous avons vraiment été les plus fort, nous avons montré qu’il y avait une spécificité futsal» se souvient Stéphane Basson.
Depuis le jour où la FFF décide de créer cette équipe de France, elle lui portera une considération certaine. «Lorsque des gens de la fédé se déplace pour nous voir, ce sont des moments importants, nous avions eu Aimé Jacquet à l’époque, Henri Emile ensuite» précise le capitaine Français. Cet encadrement et cette attention contribuent fortement à la progression de l’équipe. Lors du lancement du championnat de France, Henri Emile, ce protagoniste du futsal Français, désormais adjoint de Laurent Blanc, se déplace dans tous les clubs de France. L’homme qui a tant fait pour le futsal, qui s’est battu pour son développement en France rend honneur à chacun par sa seule présence. Il restera l’une de ses figures emblématiques.
L’amour du maillot.
En effet, la progression du futsal en France est un tout : la première coupe nationale, la mise en place d’une équipe nationale, le développement du futsal au sein des régions, le challenge national, la création d’un premier championnat de France, la Fédération Française de Football, les ligues, les clubs, le dernier plan de développement, tous ces éléments apportent leur pierre à cet édifice géant. Petit à petit le futsal se construit. L’évolution se ressent à tous les niveaux, les discours d’avant-match sont également différents fait remarquer Stéphane Basson : «l’état d’esprit est toujours aussi important mais désormais le discours est d’avantage axé sur l’aspect tactique, technique. Les entrainements évoluent aussi puisque nous sommes quasiment tous aujourd’hui spécifiques futsal». La qualité du premier championnat de France et les récentes performances de l’équipe nationale illustrent les progrès réalisés par cette discipline. Pierre Jacky constate ainsi «une progression très intéressante, surtout depuis la dernière génération et le nouveau championnat. Certains joueurs ont eu une trajectoire spécifique avec un apprentissage du jeu réduit, de la technique et désormais de schémas tactiques. Le fait que certains soient professionnels ou semi-professionnels désormais a également permis de franchir un cap». Cette progression est aussi portée par un respect et un amour du maillot. Les regroupements sont toujours vécus avec excitation et attendus avec impatience, pour le plaisir d’évoluer ensemble comme le traduit les propos de Stéphane Basson, le capitaine, lorsque celui-ci évoque cette vie de groupe : «En Slovaquie, il y a eu la blessure de Kamel [1] et une superbe réaction de la part de toute l’équipe, une espèce de révolte qui est très encourageante, qui laisse entrevoir de belles choses. Rien qu’à en parler j’ai la chaire de poule, parce que j’y crois vraiment, j’ai envie, cette équipe est belle. Pour nous, l’honneur de porter ce maillot ce n’est pas des paroles en l’air, c’est le leitmotiv des gens qui nous encadrent. C’est grâce à ça que nous avons pu progresser ces dernières années. Cette unité ne se retrouve pas seulement entre les joueurs, elle est présente avec le staff également».
Les dernières prestations de l’équipe de France sont à l’image du développement de la discipline en France. Dans les actes et désormais les paroles, la progression est actuelle. Pour la première fois, l’équipe de France se fixe un objectif officiel : une qualification au prochain EURO en Croatie, début 2012. Une qualification constituerait une grande première et une étape de plus franchie dans sa jeune histoire. Au-delà de cette éventuelle qualification, il faut avant tout retenir que la France du futsal avance, l’équipe de France progresse, les entraineurs et joueurs également alors que le deuxième championnat de France débute. En ordre de marche, le chemin reste long et semé d’embuches.
L’équipe de France des -21 appuie ce développement et le solidifie. Encadrée par Patrick Pion et son staff, cette sélection se veut le réservoir des A et propose déjà des prestations intéressantes. La FFF compte bien poursuivre le développement de cette sélection et l’UEFA serait sur le point de lancer un championnat d’europe Espoir. Le groupe de Patrick Pion illustre l’engouement pris par le futsal en France, les joueurs débutent le futsal de plus en plus tôt, et ainsi, se forment et apprennent cette spécificité. Demain, ils transmettront leur savoir aux plus jeunes.
La semaine prochaine, l’équipe de France participera en Lybie à la première Coupe Méditerranéenne. Après avoir montré un visage séduisant lors de son dernier match amical, face à la Slovaquie (3 – 3), les spectateurs attendent avec impatience ce prochain grand rendez-vous.
Une histoire s’écrit et le livre s’épaissit. En annonçant un objectif de qualification pour l’EURO Croate, Pierre Jacky et son staff se penche désormais sur Le Chapitre, celui qui contiendra les plus belles pages de l’équipe de France de futsal, ce chapitre que l’on nomme : « palmarès ». Jusqu’à présent, l’équipe de France jouait le rôle de vitrine. Une casquette qu’elle portera indéfiniment. Avec l’engouement que rencontre le futsal, les amateurs qui se multiplient, l’attente sera naturellement plus grande. Les premières lignes de ce grand chapitre ne sont pas encore écrites mais tous les amateurs de futsal veulent grandir, s’épanouïr, s’émerveiller, vibrer avec elle. C’est ce qu’on appelle la PASSION !!!
[1] Kamel Hamdoud

