Interview : Loic Stoltz, entraineur de Clénay ASL

Loic Stoltz au club depuis 2001, a pris en main l’équipe de Clénay ASL en début de saison. La formation Bourguignonne a connu un début d’exercice très compliqué, la première victoire n’intervenant qu’au soir de la 9ème journée. Depuis, le club n’a plus perdu et enchaine les succès, devenant la formation la plus performante de la poule A aux côtés du Sporting sur les deux derniers mois de compétition. Loic Stoltz revient pour futsal-info.fr sur son parcours 2011-2012. 

 

 

Sur le terrain, nous sommes des chiens.

 

 

Vous avez pris les rênes de l’équipe cet été. Comment se sont passés vos premiers pas ?

Très bien. Je connais très bien cette équipe pour avoir participé à sa création. Nous sommes une bande de potes, et ceux qui font partie du groupe aujourd'hui sont ceux qui ont le même état d'esprit que les « anciens ». J’avais une légère appréhension par rapport aux choix que je serais amené à faire, mais tout se passe bien. Mon seul souci, ce sont les obligations extra-sportives qui sont parfois prioritaires. Le futsal n’est pas un sport professionnel. Au mois d’Aout, je n’ai jamais pu avoir l’équipe entière. Aux entrainements début septembre, idem. De plus de mon côté je suis en préparation de concours, il nous est donc très difficile de travailler tactiquement. Cela dit malgré le début de saison difficile, aucune tension ne vient parasiter le groupe.

 

Clénay est une équipe discrète, jamais attendue, jamais favorite. Comment accueillez-vous ce statut ?

Ca nous convient tout à fait même si on aspire à de plus grandes ambitions. Depuis que le club est en championnat et même avant, à l’époque du challenge, nous avons vu de très bons joueurs passés. Même s’ils sont partis aujourd’hui. Cette année encore, nous avons un gros potentiel. Comme tous, nous ne sommes pas professionnels et si on compare avec des clubs comme le Sporting, il y a une grosse différence. Donc, on ne peut pas travailler tactiquement comme on le souhaite. Je pense donc que c'est ce manque d'organisation, et la taille de notre village qui nous vaut cette réputation. Ce qui nous convient avec ce statut, c’est que nos adversaires jouent pour nous battre et sans dévoiler nos qualités ou notre tactique, on aime ce genre de challenge ! Si les équipes ne nous attendent pas et nous sous-estiment, c’est bien comme ça. Quand la réussite est avec nous, on peut faire mal à tout le monde.

 

L’équipe a peiné en début de saison, où se situe le déclic ?

Le déclic vient de plusieurs facteurs. D’abord, toute l’équipe joue enfin à son niveau. Ce n'était jamais les mêmes mais il y a souvent eu quelques joueurs en dessous de leur potentiel et à ce niveau ça ne pardonne pas. Ensuite, la 1ère victoire est arrivée quand Teddy Adjal est revenu. Il avait déjà joué avec nous. Il a apporté une dimension physique supplémentaire. Il est reparti mais il devrait revenir pour finir la saison. Le troisième facteur, c’est la réussite qui nous fuyait, nous avons perdu beaucoup de matchs d'un but sur des petits détails. Il y a également eu le replacement de deux joueurs. En début de saison, nous avons perdu Damien Lauret qui avait un profil défensif. Théo Zuddas devait le remplacer mais ca ne fonctionnait pas comme on le voulait. Parallèlement, Sofiane Aouidat évoluait dans un rôle de pivot, il n’y arrivait plus non plus. J’ai donc interverti le placement de ces deux joueurs qui se sont révélés dans leur nouveau poste. Les deux font de très bons matchs depuis, notamment Théo qui monte en puissance de match en match. On fait ce changement juste avant la rencontre face au Sporting. Sofiane marque d’ailleurs deux buts ce jour là. Notre bonne série a débuté juste après. Il nous manquait une victoire. Celle face à Bagneux à l’extérieur, alors que nous n’avions plus gagné depuis 1 an et demi loin de nos terres, a également fait énormément de bien. Tout ceci cumulé explique notre nouveau visage. Sans oublier les performances successives de Jérémy Mouillon !

 

De votre point de vue, vous qui vivez à l’intérieur de ce groupe. Qu’est ce qui a changé par rapport au début de saison ?

J'ai tenté plusieurs approches pour essayer de motiver les troupes avant les matchs et je me suis aperçu qu'il ne fallait pas les motiver, ils ont ça en eux, il fallait, je pense, éviter qu'ils se mettent une surpression néfaste. Il fallait que les joueurs se libèrent, qu'ils comprennent que ça n'est que du sport et que d'autres choses sont bien plus importantes, même si je suis le premier à détester la défaite ! Le changement est surtout mental.

 

Qu’est ce qui pourrait venir enrayer la belle machine Clénay actuelle ?

Rien ! Je l’espère ! Ceci dit, nous n’avons pas été épargnés par les blessures depuis le début de championnat. C’est ce qui me fait peur. Par exemple, nous étions 6 en recevant Colmar, 7 contre Garges, mais nous gagnons malgré tout. Les suspensions et les blessures peuvent être handicapantes. Ensuite, on n’est pas à l’abri de retomber dans nos travers. Sachant que nous entrons dans une période difficile avec la réception du Sporting et de Béthune. La saison est encore longue. Rien n’est fait pour nous et pour personne. La zone rouge est trop proche pour faire preuve d'assurance.

 

Depuis deux ans, Clénay joue le bas de tableau et se bat pour le maintien, n’est ce pas épuisant moralement ? Qu’est ce qui vous fait avancer ?

Oui c’est fatiguant. En début de saison, l’objectif était de marquer des points rapidement pour ne pas avoir à cravacher ensuite… Ce qui nous sauve, c’est le mental des joueurs. Même si en début de saison, deux ou trois sont passés à côté, tous ont un gros cœur à chaque instant. C’est ce qui nous fait gagner des matchs. Sur le terrain, entre guillemets, nous sommes des chiens.

Le champion régional de Bourgogne n’étant pas éligible, en cas de descente, Clénay ne pourrait pas remonter de si tôt, est ce que vous y pensez ou tentez vous d’y faire abstraction ?
C’est sur, ca décuple notre envie. On le sait ! En cas de descente, nous ne pourrions pas remonter en l’état actuel des choses. Nous n’avons pas le droit de descendre. Si on descend, peut-être que la ligue fera ce qu’il faut pour nous permettre de retrouver l’élite mais nous ne voulons pas prendre le risque. Il y a aussi le fait que nous perdrions sans doute des joueurs. Pour nous, c’est une motivation supplémentaire.

 

Vous avez connu une longue période d’invincibilité de fin Novembre à fin Janvier, quelle est l’anomalie, vos trois premiers mois ou les deux derniers ?
(Rire), je vais dire les trois premiers. Je ne vais pas dire que nous méritions cette série dès le début de saison mais il y a des matchs que nous ne devons jamais perdre. Longwy à domicile par exemple, on perd 8-9. Je ne remets pas en cause la qualité de Longwy mais on ne peut pas prendre 9 buts à domicile contre un promu. Il y a également la rencontre à Colmar où on fait un non match. D’autres fois, la défaite était méritée comme à Faches par exemple (défaite 4-8) mais sur beaucoup d’autres, il y a quelques regrets.

 

Clénay pourrait-il demain jouer les premiers rôles dans ce championnat de France ?
Je me suis amusé à faire une équipe type des joueurs passés à Clénay. Si tous les joueurs étaient restés, on pourrait jouer les premiers rôles sans fausse prétention. Aujourd’hui avec notre effectif, la 6ème place correspond à notre standing. Damien Lanappe revient après avoir évolué à Lyon. Ce sera un joueur cadre. Il ne s’entrainera pas avec nous mais il a toujours fait parti de l’aventure et il va nous faire du bien. Teddy Adjal revient aussi. Nous avons également Nicolas Dominguez, sélectionné en équipe de France Universitaire l'année dernière, qui a une licence mais qui privilégie le foot à 11, c’est un très bon joueur. J’espère qu’il finira par nous rejoindre. Si tous ceux là arrivent et que les autres restent, on peut faire quelques chose de très bien. Je parle de ceux qui arrivent ou qui pourraient arriver mais j'entends bien conserver tous les joueurs actuels pour avoir un groupe compétitif où s'installerait une concurrence saine !

 

Quelles relations entretenez-vous avec votre commune ?
La mairie nous aide du mieux qu’elle peut. Mais Clénay c’est moins de 1000 habitants. C’est une toute petite mairie. Elle ne nous donne pas beaucoup, en comparaison à d'autres, mais c’est déjà énorme. Il y a également la communauté de communes qui nous aide en nous prêtant notamment un minibus. Le conseil général et régional nous aident un peu également ainsi que beaucoup de petits sponsors. Nous sommes très loin du statut professionnel, personne n'est payé, il n'y a aucune prime de match, mais cela nous permet d'être équipés et de nous déplacer dans les meilleures conditions, entre potes !

 

Je vous laisse conclure.
J’espère que nous allons continuer comme les deux derniers mois. Que le club continuera à se structurer dans l’optique de la poule unique. C’est un objectif très haut mais il faut viser haut pour avancer. C’est ce que je disais en début de saison aux dirigeants et au président. Si on vise le maintient chaque saison, dans deux ans, on existe plus en ligue 1.