France : Rafael Saadi, Lyon Footzik

Malgré sa défaite face à Paris Métropole lors de la dernière journée du championnat de France de futsal, Lyon Footzik rejoint les hauteurs du classement de la poule B. La récente série d’invincibilité du club contrastait avec une entame de championnat compliquée. A l’origine de la création du club, Rafael Saadi, qui a pris un peu de recul pour raisons professionnelles, revient pour futsal-info.fr sur la saison Lyonnaise. Les ratés, les espoirs, les satisfactions. Entretien.

 

 

"Paris Métropole & le FC Erdre et Lyon Footzik, ça reste deux monde d'écart" 

 

 

Sur les deux dernières saisons, le futsal Lyonnais a connu des étés mouvementés. Notamment ce dernier, Avec la séparation de deux entités qui avaient fusionnées la saison précédente. A quoi est du l’échec ?
Nous avions deux visions opposées. Sportivement, ça s’est plutôt bien passé malgré une ambiance un peu lourde. Il y avait des états d’esprits qui ne convenaient pas à chacun. Nous avons souhaité améliorer l’image du club, apporter une certaine discipline. Il fallait faire un truc carré et ça a clashé.

 

Des deux côtés, on a senti une forme de regret liée à cet échec. Est-ce que de nouvelles discussions entre vos deux clubs seront-elles possibles dans le futur ?
On a tenté le coup. Les deux clubs n’étaient peut-être pas prêts. J’ai encore la déception de ne pas avoir réussi à monter un gros club sur Lyon. Désormais, on se partage à nouveau les créneaux, les subventions. On est revenu à la case départ. Pour s’entendre, il fallait se faire entièrement confiance alors qu’il y avait toujours de la méfiance. Il fallait raisonner avec l’entité Lyon Futsal et non plus penser en Lyon Footzik ou Lyon Moulin A Vent. Aujourd’hui, ce n’est pas plus mal que ce se soit fait comme ca.

 

Ce remue-ménage explique-t-il votre début de saison manqué ?
Complètement, on l’a payé. On est reparti avec un groupe totalement remanié. Il restait un peu de joueurs de Footzik, un peu de Rhône Futsal Espoir, un peu de nouveaux joueurs. On l’a payé au niveau de la cohésion, sans préparation, avec un seul créneau. C’était difficile. Il fallait reconstruire un groupe qui s’est finalement révélé. Je suis content.

 

"Faire la course avec Cannes, KB, Echirolles et Bruguières, c’est une bonne chose"

 

Est-ce que le doute s’est réellement installé à un moment ?
Oui. Quand on réalisait des bonnes prestations à KB ou à Cannes où on perd à l’arraché. A Pont de Claix, on se fait prendre en contres, à Bruguières également malgré des bons matchs. On alternait le bon contre les gros et des matchs moyens face aux mal classés avec toujours une défaite au bout. Nous avons eu une mauvaise série jusqu’au match de Bruguières.

 

Quel a été le déclic ?
C’est justement cette défaite contre Bruguières. On recherchait notre deuxième victoire. On avait gagné à l’arraché contre Toulon, nous n’étions pas en confiance, avant dernier au classement. Il fallait réagir. Cette défaite nous a servi. Une transition s’est faite au niveau des joueurs. Nous avons intégré des jeunes. Ils se sont révélés et ont pris la place des anciens comme moi. Tout s’est enchainé positivement. Par exemple, Habib Derbal, qui est là depuis le début, avait toujours l’habitude de jouer avec moi ou Onur Alkan, blessé en ce moment. Finalement, il a pris les rênes de la défense et a franchi une belle étape, entouré de jeunes. C’était un peu un pari au départ mais voir ces jeunes explosés, c’est une victoire.

 

Avant votre défaite face à Paris Métropole, vous connaissez l’une des plus longues périodes d’invincibilité de la saison, vous possédez la deuxième attaque de la poule. Avec un meilleur début de saison, auriez-vous pu vous mêler à la course avec Paris Métropole et le FC Erdre ?
Pas du tout. Parce que ca reste deux mondes différents, on l’a vu samedi face à Paris Métropole. Effectivement, il y a des matchs en début de saison que nous aurions pu gagner aujourd’hui mais il y a aussi des matchs gagnés ces derniers temps que nous aurions pu perdre, à Venissieux il y a deux semaines par exemple. La série est bonne, nous sommes contents, le maintien est quasi assuré mais nous n’allons pas faire d’excès de confiance. Nous sommes au delà des objectifs, les stats sont positives. De là à se mêler à la lutte pour la première place, je ne pense pas, sincèrement. On est en course dans le deuxième peloton. Faire la course avec Cannes, KB, Echirolles et Bruguières, c’est une bonne chose. Lyon Footzik n’est pas encore armé au niveau structurel pour rivaliser avec les machines que sont Métropole et le FC Erdre.

 

"Avoir un joueur sélectionné permettrait au club de prendre un peu plus d’envergure"

Votre bonne saison correspond également avec l’explosion de joueurs tels que Habib Derbal ou Jérémy Picard. Présentez-les nous.
Oui, je rajouterais également Guillaume Furenzula. Il jouait à Footzik pendant deux ans avant de rejoindre Rhône Futsal Espoir la saison dernière, comme Jérémy Picard qui a rejoint RFE la saison dernière en provenance de Réunion Futsal, un petit club Lyonnais. On récolte aussi les fruits de la saison dernière et du projet RFE. A l’image des deux Mohamed partis à Echirolles [1]. Ces jeunes ont pris cette expérience qu’on voulait leur donner. C’est le côté positif de la saison dernière. Guillaume et Jérémy sont arrivés cette année, sans prétention et se sont imposés comme des cadres de cette équipe.

 

Un joueur comme Habib Derbal aurait-il sa place en équipe de France ?
Dans la région, personne ne comprend pourquoi il n’a pas été essayé. Il a fait une présélection mais il était blessé. C’est un de mes regrets. Avoir un joueur sélectionné permettrait au club de prendre un peu plus d’envergure. Ca aurait un impact énorme pour le futsal dans notre région. Et entre parenthèse, je pense qu’il en a le niveau. Je sais que Pierre Jacky le suit un peu mais c’est toujours un problème de visibilité. J’espère que ca changera, la dynamique serait d’autant plus positive dans le groupe.

 

Il y a également eu quelques remaniements au sein du staff.
On a repris le staff de l’époque Footzik. Patrice Davignon est le président et il fait très bien son job. Arnaud d’Anchise est le vice président, il est là tout le temps, il a un peu le rôle de directeur sportif. En début de saison, je coachais l’équipe 1. Arnaud m’assistait. Finalement, Benoit Lacazette a repris le groupe en tant qu’entraineur/joueur, Arnaud a conservé son poste. Tous les résultats positifs sont là depuis que je me suis retiré. (Rires). Quand je peux, je continue à faire les déplacements.

 

"J’ai le sentiment qu’il va y avoir beaucoup de casses dans cette fin de saison"

 

Quels sont vos objectifs sur cette fin de saison ?
L’objectif est de savourer des rencontres comme celles de samedi face à Paris Métropole, de les jouer sans la pression du résultat. J’aimerais que les joueurs se lâchent vraiment. On travaille beaucoup pour mettre les joueurs dans les meilleures conditions, il faut qu’ils se lâchent maintenant. Il y a également un tour de coupe nationale à jouer, on essaiera d’aller le plus loin possible. En championnat, on va tenter de rester dans le haut de tableau. La troisième place serait quelque chose de magnifique mais dans les 5 premiers se serait plus que correct. Ensuite, il y a des petits défis comme le classement des buteurs, si nos joueurs pouvaient finir en tête, ce serait très intéressant. Sofiane Benfatah a inscrit 9 buts il y a 10 jours et a relancé le classement, c’est bien. Voilà, tout le reste est bonus et nous permettra de communiquer pour la suite. Quoiqu’il en soit, nous sommes sereins. On profite de notre situation, ce sont des choses que nous n’aurions pas pu faire si la situation avait été plus compliquée.

 

Je vous laisse conclure
J’ai envie de souhaiter bon courage à tout le monde. J’ai le sentiment qu’il va y avoir beaucoup de casses dans cette fin de saison et ça fait un peu mal au cœur. La lutte pour le maintien sera compliquée pour tout le monde. J’espère que tout le monde jouera le jeu, Footzik le jouera et ne changera pas sa ligne de conduite.

 

 

[1] Mohamed Bouras et Mohamed Guebli