France : L'Etoile Lavalloise bloquée en DH
Le championnat de France de futsal vit à un rythme effréné entre chassé-croisés, renforts, surprises, confirmations. Dans l’ombre de l’élite, les clubs régionaux ne sont pas moins actifs, bien au contraire. Mais certains, bloqués structurellement, n’ont parfois que la coupe nationale pour se montrer.
Des clubs bloqués en DH
Pour tous les clubs évoluant dans les échelons inférieurs, l’impatience règne. Le 1er tour fédéral de La coupe nationale est l’occasion pour tous de se jauger. Il y a les clubs qui luttent pour se placer en tête de leur DH, ceux-là veulent se frotter aux clubs de l’élite qu’ils aspirent à rejoindre. Il y a aussi les clubs évoluant à un rang encore inférieur pour qui la coupe a un gout d’aventure en attendant de gravir peu à peu les échelons.
Et puis, il y a une troisième catégorie. Celle de clubs bloqués structurellement en DH, qui rêvent d’intégrer l’une des deux poules de National mais, isolés au sein de leur région où le futsal peine à se faire une place, ils sont dépendants de l’éligibilité de leur championnat. C’est le cas dans la Maine où l’Etoile Lavalloise, présente au sein de l’élite en 2009-2010, n’a plus la possibilité de retrouver le national.
Le président du club Lavallois, Julien Moreau, interpelle : «Au départ de cette saison, 14 équipes étaient pré-inscrites. Notre DH aurait pu obtenir son éligibilité. Finalement, les uns après les autres, les clubs se sont désistés et le championnat a démarré avec huit équipes. C'est frustrant, on bosse dur, on met en place tout ce qu'il faut pour réussir, nous sommes passionnés et ambitieux mais nous restons bloquer dans notre ligue, la frustration est très grande. Dans l’état actuel des choses, nous ne pouvons pas monter. Je ne sais pas si nous serions au niveau ou performant au sein de l’élite, ni même si nous serions les élus pour monter car Le Mans Futsal, actuellement 2ème de notre DH, reste une belle formation, mais notre ligue mérite d’avoir une nouvelle chance. Le club a pris une nouvelle envergure depuis sa descente. On s’est mieux structuré. Nous n’avons jamais cessé de travailler et de construire. Pourtant aujourd’hui, nous sommes comme dans une boîte. Isolés. On a du mal à se projeter. Si l'année prochaine le championnat du Maine ne comporte encore que huit équipes, ça deviendra difficile pour nous, il faudra peut-être se mettre au badminton ou à la danse. Pourquoi continuez à investir ? Comment voulez-vous conserver des joueurs, des ambitions, des gens motivés sur un projet s’il n'y a aucune possibilité d’évolution ? Nous tentons de garder espoir, la ligue a montré toute son envie de lancer un championnat éligible. Maintenant il faut réussir à convaincre les clubs de la Ligue, leur montrer que c’est tout aussi important pour eux que pour nous. S’il n’y a aucune évolution, on arrêtera ! Par contre, si on peut remonter, là, on mettra le paquet !».
Des nouveaux critères de montées.
En attendant de pouvoir retrouver l’élite, l’ELFC espère briller en coupe de France et être confrontée à une équipe de National. Lorsque le club perd sa place en championnat de France il y a deux ans, il perd également la très grande majorité de son effectif et doit reconstruire. L’équipe sénior s’appuie sur des jeunes et notamment Donatien Giroux (ex International Français U21), qui faisait déjà partie de l’aventure. Elle se rebâtie autour de ce dernier et fait appel à des jeunes U17 et U18 évoluant en nationaux pour une moyenne d’âge de 18 ans aujourd’hui. Et depuis le 1er décembre, soit 8 matchs officiels, Laval n’a plus encaissé le moindre but. « Dans deux ou trois ans, cette génération peut faire très très mal. » prévient Julien Moreau. On comprend alors pourquoi le club cherche à se frotter à l’élite et qu’un sentiment d’injustice grandit.
Quand le championnat de France de Futsal sort d’un été mouvementé qui pourrait-être fatal à Toulouse Lalande comme il l’avait été à La Sauce Carlésienne la saison passée, on peut considérer avec attention les soucis de la direction Lavalloise d’imaginer de nouveaux critères de montées. « Il faudrait peut-être considérer des critères de monter plus larges comme le nombre de licenciés dans un club, sa structure, son budget, une école de futsal, son gymnase, ses projets…» plaide Julien Moreau.
Le cas Laval n’est pas un cas isolé. Les ligues ayant perdu leur éligibilité avant ou après le début de saison sont nombreuses. 7 au total, 8 avec l’abandon récent de Défense de fer en ligue Midi-Pyrénées. D’ailleurs, à ce jour, des équipes comme Clénay ASL ou même le FC Erdre ne peuvent pas se permettre de descendre, au risque de se retrouver bloquées à l’échelon inférieur comme le sont aujourd’hui toutes les équipes sans un championnat éligible.
Une situation qui ne fera pas retomber le débat. Pour développer la discipline, le futsal a besoin d’une présence dans toutes les ligues d’où la diversité géographique défendue par la LFA et le travail effectué auprès de toutes les régions afin que les retardataires attrapent le train en marche.
En état de construction, il est important de ne pas cannibaliser l’élite à trois ou quatre régions (comme cela pourrait être le cas au regard des grandes inégalités régionales) et de provoquer un manque d’attrait du championnat de France. Et le cas de Laval illustre aujourd’hui, alors que la poule unique se profile, peut-être à l’horizon 2013-2014, la vraie difficulté d’articuler les échelons du dessous, de proposer un système de monter/descente équitable. Un vrai chantier.
Réagissez à cet article :

