L'entretien : Philippe Couchoux, vice-président commission fédérale des compétitions
Zoom sur Philippe Couchoux :
Philippe Couchoux est avant tout un passionné de futsal. Entré à la ligue de Paris en 1992, il rejoint en 1996, la commission régionale de futsal qui se lance à Paris sous l'impulsion de Rogers Floirac, son président. Le championnat d’Ile de France compte alors 12 équipes. Aujourd’hui la région Ile de France Paris regroupe 240 clubs. Alors que les catégories 19 ans et 17 ans disposent déjà d’un petit championnat, la région lance cette saison un critérium féminin qui regroupe 10 clubs et étudie un championnat pour les 15 ans.
En 1998, Jean Verbeke, président de la ligue Ile de France, propose à Philippe Couchoux de poser sa candidature à la commission centrale de la FFF, aujourd’hui la commission des compétitions fédérales de futsal. Il intègre alors la commission en 1998 en devient le secrétaire en 2000. Depuis deux ans, il en est le vice-président.
Il y a deux semaines, quelques jours avant la reprise de la saison, un séminaire regroupait, à Clairefontaine, les clubs participants au championnat de France. Philippe Couchoux, vice-président de la commission des compétitions fédérales de futsal, co-animait ce rassemblement de deux jours (cf – article "séminaire annuel"). Ce passionné de futsal revient pour futsal-info.fr sur ce séminaire, le développement de la discipline ou le dernier été futsalistique.
«AVEC LA SUPPRESSION DES PLAY-OFFS, LE CHAMPIONNAT DE FRANCE DE FUTSAL N'A PAS PERDU DE SON ATTRACTIVITÉ»
Vous vous êtes énormément investi pour le développement du futsal, notamment en Ile de France et en occupant aujourd’hui des fonctions importantes au sein de la FFF. D’où vous vient cet intérêt particulier pour la discipline ?
Je me suis très vite attaché au futsal. En 1996, lorsque j'ai débuté, le futsal se jouait encore avec un ballon en feutrine. J'ai vu apparaître le vrai ballon, on peut dire que j'ai vu naître le futsal en France. À ce moment-là, j'ai pris mon bâton de pèlerin afin de convaincre de nombreux élus du bienfait de la discipline. J'avais très vite senti l'intérêt de cette pratique. Le ballon est toujours vivant, on ne s'ennuie jamais. Un joueur peut toucher beaucoup plus le ballon et le système de remplacements illimités permet à chacun d'obtenir du temps de jeu. Ceci a un attrait particulier chez les jeunes.
Quelles ont été les principales difficultés rencontrées ?
Le premier point bloquant concernait les municipalités. Il n'a pas été aisé de les convaincre. Il fallait réussir à expliquer que le futsal n'est pas synonyme de casse dans les gymnases et que ce sport mérite sa place dans les enceintes. Nous devions aussi, et aujourd'hui encore, faire face à la concurrence de disciplines bien plus anciennes. Mais que ce soit au niveau régional ou fédéral, nous sommes tous d'accord pour dire : si ces disciplines sont parvenues à se faire une place, pourquoi pas nous ?
Il fallait également convaincre les éducateurs au sein des clubs mais également au niveau fédéral que le futsal n'était pas là pour prendre des licences au foot en herbe. Au contraire, cette discipline peut être un tremplin pour les jeunes et peut-être une bonne alternative à ceux qui souhaiteraient découvrir autre chose que le football.
Vous avez participé au dernier séminaire des clubs à Clairefontaine. Quel bilan en tirez-vous ?
Ce séminaire a été extrêmement positif. Les clubs sont venus avec beaucoup d'idées et se sont montré très ouverts. C'est une bonne chose, c'est comme cela que nous pourrons avancer. Leur avis a été largement sollicité à travers des groupes de travail. Ce séminaire a vraiment été très constructif. Ce sera une expérience à reproduire car nous avons besoin de cet échange.
Quel était le message que vous avez souhaité faire passer ?
Il faut poursuivre dans la voie que l'on s'est donné sans brûler les étapes. Il ne faut pas faire les mêmes erreurs que certaines disciplines qui ont voulu construire le toit avant de construire les fondations. Je sais, ça fait 10 ans que nous le répétons mais les choses avancent et il ne faut pas se tromper. Nous n'avons pas le droit à l'erreur.
C'est-à-dire ?
Si nous souhaitons aller trop vite et que nous nous cassons la figure, la fédération française de football nous dira stop. Tout simplement.
Y’a-t-il eu des conclusions définitives sorties de ce séminaire notamment au niveau de l’évolution du championnat ?
Aucune. Il y eut beaucoup d'idées de projets mais le plan s'étale sur cinq ou six années. Il n'y a donc aucune décision prise aujourd'hui. Le chantier reste important. Il faut bien comprendre que le futsal d’Ile de France, du Nord-Pas-de-Calais, de Rhône-Alpes ou de Midi-Pyrénées n'est pas le même que le futsal en Auvergne. Il faut que nous avancions petit à petit en faisant attention à tous ces paramètres.
«Nous éviterons les revirements de l’été en renforçant nos règlements»
Philippe Couchoux avec le Sporting lors de la finale de la coupe nationale.
Justement, vous évoquez un développement inégal au sein des ligues. Quel est l’état de la discipline d’un point de vue régional ?
Aujourd'hui, 14 ligues sur 22 proposent un championnat. 8 sont encore à la traîne. Il faut que nous parvenions à les accrocher au wagon. Si nous prenons une carte de France, la côte Ouest du pays, voire un petit bout du centre, peinent à se développer. Il y a parfois un problème de ruralité. Dans certaines régions, il faut parcourir près de 250 km pour jouer un match. On comprend alors que la mise en place est compliquée.
Pourtant ce développement régional semble important, voire la clé, des évolutions futures.
C'est indispensable. Bien évidemment, nous n'allons pas attendre que les 22 ligues aient développées un championnat compétitif pour la refonte du championnat de France mais plus nous aurons de ligues plus le championnat sera attractif. L'idée n'est pas de faire un championnat de France de, disons, 14 clubs dans lequel seulement deux ou trois ligues seraient représentées. Dans ce cas, ce n'est plus un championnat de France.
Le plan de développement a été lancé il y a un an. Evolue-t-il comme vous l’aviez prévu ?
Comme cela avait été annoncé, un tour complet des ligues a été effectué. Nous attendons les remontées de ce premier contact qui devrait arriver très prochainement. Cela nous permettra d'avoir une idée bien plus précise, une sorte d'état des lieux. Nous en parlions, il y a bien évidemment des ligues avec plus de volonté, plus de moyens…
Avez-vous le sentiment que certaines ligues sont encore réticentes au développement du futsal ?
Il y a encore une crainte que nous ressentons aujourd'hui. C'est de contrôler et maîtriser ces rencontres qui se jouent en vase clos. On sent qu’une certaine crainte persiste. Pourtant, il n'y a pas plus de violence en futsal que dans le football en herbe. C'est très important, quoique nous puissions en dire ou en penser, il faut garder cela en tête. Les statistiques sont là et le prouvent. Le futsal n'est pas un sport de voyous. Certains clubs sont impliqués, travaillent dur pour se structurer et pour développer la discipline, ils mettent en place des écoles de futsal… Les présidents se donnent du mal mais c'est très difficile, il y a un manque de dirigeants partout. C'est peut-être aux ligues de leurs donner les moyens, en faisant de la formation par exemple. Il faut bien faire passer le message que le futsal n'est pas un sport de voyous. C'est un beau sport, une belle pratique. Quand le futsal est bien joué, c'est très agréable.
Quelle est la politique de la nouvelle direction de la FFF vis-à-vis du futsal ?
Je ne la connais pas. Il y a des rendez-vous programmés lors du prochain Comité Exécutif. Le président de la commission fédérale souhaite être reçu afin de connaître la volonté de notre nouvelle gouvernance. Nous avons tous espoirs que la feuille de route actuelle soit conservée. Il n'y a pas de raison mais pour le moment, nous sommes dans l'inconnu. Une nouvelle équipe se met en place, il va y avoir des idées, des projets. Je pense que le football féminin et je l’espère le futsal feront partie des plans de la nouvelle direction.
Après deux saisons, l’écart s’accentue un peu plus chaque année entre les championnats régionaux et le championnat de France.
Je ne suis pas d'accord. Vous pensez que l'écart se creuse entre le championnat de France et les championnats régionaux ? Ça dépend des ligues. Je ne pense pas que l'écart se creuse. Je ne pense pas que les championnats régionaux ont faibli. Je pense plutôt que le niveau monte et que nous attendons plus des équipes qui évoluent en régional. On sait que certains clubs ont des moyens, qu'ils investissent, notamment sur les joueurs étrangers. D’une certaine mesure, c'est ce qui apporte un peu plus de niveau au championnat. Ne nous cachons pas.
Le championnat a connu de réels bouleversements cet été. Comment évitez ce genre de revirements dans le futur ?
Nous l'éviterons en renforçant nos règlements. Tout est un problème d'interprétation. Du coup, au niveau du comité exécutif, il n'y a pas d'autres moyens que de réintégrer les équipes.
En attendant la refonte, un système de barrages ne permettrait-il pas de contrer ce problème ?
Non. Le système de barrages n'est pas la politique de la fédération. C'est un système qui a déjà été supprimé de la CFA.
Cette saison, les play-offs ont été supprimés. Pourquoi et ne pensez-vous pas que le championnat a alors perdu de son attractivité ?
Le championnat de France de Futsal n'a pas perdu de son attractivité. Sinon, il faudrait le dire pour tous les championnats. Si vous prenez la CFA, les trois premières places sont jouées dès le milieu de la saison. Si un club est 5ème au mois de Février et qu’il se dit : «ma saison est terminée», alors il faut arrêter la compétition. Et puis, personnellement, je ne comprendrais pas qu’une équipe qui termine deuxième de sa poule puisse être championne de France. Une finale entre les deux premiers me semble plus logique. C'est en partie ce que nous avions ressorti en commission. Ensuite, il y a également des raisons financières. Un championnat de France coûte une somme importante à la fédération. On peut comprendre les arguments des clubs. Mais je ne pense pas que la suppression des play-offs nuise au développement du futsal. Le développement doit se faire à la base.
Je vous laisse le mot de la fin.
Il y a un fameux slogan qui me plaisait beaucoup dans les débuts et sur lequel je souhaite conclure : «Le futsal, c’est sympa !».
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| Jaque lagrange - le 20/09/2011 à 13h31 |
Je ne suis pas d'accord sur la question des play-off je pense que la fédération devrait regarder ces voisins qui eux ont 20 voir 30 ans d'avance.

